Dans un article publié le 15 octobre 2025, nous avions évoqué le phénomène du dragage à Kangaba qui prenait de plus en plus de l’ampleur. Six mois après, il ressort une baisse de dragues sur le lit de fleuves, selon nos enquêtes.
Lutte contre le dragage à Kangaba : Une mission quasi-impossible ? C’était le titre de notre article suite à notre reportage sur quelques sites d’orpaillage à Kangaba, cercle situé dans la région Koulikoro. Dans cet article, nous avons révélé les conséquences de ce phénomène sur l’environnement, la paix, la cohésion sociale et les difficultés de l’arrêt de cette activité illicite au regard de l’affluence des jeunes désœuvrés vers le secteur. Après enquête de suivie d’impact de la production menée du 22 au 27 avril 2026, il ressort que les autorités ont accentué la pression sur les orpailleurs.
Madou Kanté, président de l’association des dragueurs de Kangaba s’est confié à notre rédaction le samedi 25 avril dernier : << Le dragage continue toujours. Mais après votre passage, nous subissons beaucoup de pressions de la part des autorités. Elles envoient régulièrement des forces de sécurité pour détruire et enlever nos dragues. Quatre sites différents ont subi des dégâts pareils très conséquents>>, regrette-t-il. Selon Kanté, des pourparlers ont commencé entre les représentants des dragueurs et le département en charge des mines en vue de trouver une solution à la situation. << Nous avons rencontré le département en charge des mines pour parler de la situation il y a quelques jours. Nous leur avons demandé l’arrêt des destructions des dragues et de trouver une autre solution au problème. Le département a été très favorable à notre démarche et nous a demandé de recenser les exploitants de dragues qui opèrent à Kangaba afin de trouver une solution. J’espère que nous allons bientôt nous comprendre pour l’intérêt de tout le monde>>, a déclaré, le président des orpailleurs de kangaba.
Un autre acteur engagé dans la lutte contre le dragage et l’exploitation anarchique de l’or à Kangaba que nous gardons l’anonymat s’est aussi réjoui du changement opéré suite à notre reportage sur le site. << L’activité du dragage a cessé dans les localités comme Degela et Balanzan grâce aux destructions des dragues à la suite des descentes militaires régulières. Depuis votre passage, nous constatons vraiment un changement >>, s’est-il confié à nous.
La radio de Nouga , qui a relayé notre reportage sur les antennes , confirme les propos des deux premiers intervenants. Joint au téléphone ce mardi 28 avril, Adama Traoré, l’animateur de ladite radio qui a diffusé notre élément, explique :
<< Au lendemain de la diffusion de l’élément, c’était la panique chez exploitants de dragues. Nous avons reçu beaucoup d’appels et de visites des orpailleurs qui ont exprimé leurs inquiétudes après avoir écouté l’élément. Ils ont imaginé que les autorités vont les déloger de leurs sites. Actuellement, c’est vraiment le cas. Nous assistons régulièrement à la destruction des dragues par les forces de l’ordre. C’est la vraie panique et l’inquiétude sur les sites d’orpaillage maintenant>>.
À noter un autre changement majeur dans le discours des responsables des exploitants de dragues. Si dans notre article paru le 15 octobre 2025 le discours était très menaçant, les exploitants cherchent maintenant le dialogue et un compromis avec les autorités compétentes.
Boubacar kanoute.





