Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’organisation du secteur minier artisanal au Sahel. Réunis dans la capitale malienne en marge du Salon pour les industries extractives du Mali tenu du 2 au 3 avril dernier à Bamako, les représentants des artisans miniers du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont officialisé la signature d’une convention de partenariat marquant un tournant pour ce sous-secteur longtemps informel et fragmenté.
Cet accord, conclu entre les principales organisations faîtières des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), vise à instaurer un cadre commun de collaboration. Cette convention ambitionne de transformer en profondeur les pratiques de l’artisanat minier dans la région.
Le texte pose les bases d’une meilleure organisation des acteurs, avec des règles harmonisées et une coopération renforcée entre les structures nationales. L’un des changements majeurs attendus concerne la mobilité des artisans miniers, dont les activités dépassent souvent les frontières. Grâce à ce mécanisme, les orpailleurs pourront désormais s’appuyer sur des relais officiels dans les pays voisins, facilitant leur intégration et leur accompagnement sur les sites d’exploitation.
Cette coordination devrait également contribuer à réduire les tensions liées à l’exploitation artisanale, en instaurant des cadres de dialogue et en clarifiant les rôles des différentes organisations. Les signataires espèrent une meilleure traçabilité des activités et une formalisation progressive du secteur, souvent pointé du doigt pour son opacité.
Pour les professionnels, cette convention représente aussi un levier de protection. En structurant les réseaux d’acteurs, elle offre un dispositif de soutien aux artisans confrontés à des difficultés sur le terrain, notamment dans les zones transfrontalières. Elle pourrait ainsi limiter les situations de vulnérabilité et renforcer la sécurité des exploitants.
L’accord ouvre par ailleurs la voie à des actions communes en matière de formation, de partage d’expériences et d’amélioration des techniques d’exploitation. L’objectif est d’accroître la productivité tout en réduisant les impacts environnementaux et les risques liés à une activité encore largement artisanale.
Longtemps envisagée sans succès dans d’autres cadres régionaux, cette initiative trouve aujourd’hui un aboutissement au sein de l’espace AES, avec une volonté politique d’intégration plus affirmée entre les trois pays.
La signature de cette convention s’inscrit dans la dynamique du Salon pour les industries extractives du Mali, qui a réuni décideurs publics, investisseurs et professionnels du secteur autour des enjeux liés à la valorisation des ressources naturelles. En mettant l’accent sur l’or, mais aussi sur les perspectives offertes par d’autres minerais, cette rencontre a servi de catalyseur à des initiatives structurantes comme celle des artisans miniers.
Avec cet accord, le Burkina Faso, le Mali et le Niger entendent poser les jalons d’un secteur minier artisanal plus organisé, plus sécurisé et mieux intégré à leurs stratégies de développement économique.
Abdallah Keïta






