Accueil / Actualité / Entretien avec Mme Priscil Zongo, Directrice exécutive de la chambre des mines du Burkina Faso : « Si le SIEM n’existait pas, il fallait le créer… »

Entretien avec Mme Priscil Zongo, Directrice exécutive de la chambre des mines du Burkina Faso : « Si le SIEM n’existait pas, il fallait le créer… »

Une impressionnante délégation du Burkina Faso, conduite par la directrice exécutive de la Chambre des mines, Mme Priscil Zongo, a pris part à la première édition du Salon pour les Industries Extractives du Mali tenue du 2 au 3 avril dernier à Bamako. Dans un entretien qu’elle a bien voulu accorder à Actu Mines Mali, Mme Priscil Zongo parle de la situation du secteur minier du pays des hommes intègres  et du SIEM.

Pourriez-vous nous présenter de la Chambre des mines du Burkina Faso ?

La Chambre des mines du Burkina regroupe les acteurs du secteur minier du Burkina comme : les entreprises minières, des fournisseurs et l’Etat qui est aussi représenté par des départements ministériels tels que les mines, l’environnement, l’économie et finances. Comme toute autre organisation, les instances de la chambre des mines sont : l’assemblée générale qui est l’organe qui prend des décisions, un conseil d’administration, la direction exécutive et nous avons les commissions techniques spécialisées. Ces commissions techniques spécialisées constituent le bras armé de la Chambre des mines. Ce sont elles qui réfléchissent sur les thèmes en fonction de leurs compétences et qui éclairent la direction exécutive sur la marche à tenir, sur le plaidoyer, sur le partage d’expérience afin  que le secteur minier soit dynamique et créateur des valeurs pour le Burkina Faso. 

Comment se porte la Chambre des mines du Burkina Faso actuellement ?

La Chambre des mines du Burkina Faso se porte très bien. Nous avons beaucoup de chantiers et des défis à relever. Les défis, c’est continuer à opérer et être résilient. Je pense que les membres de la chambre ont témoigné de leur résilience pendant ces dernières années et nous nous en félicitons. 

Expliquez-nous votre présence à ce salon ?

Les Promoteurs de ce salon ont voulu associer la Chambre des mines du Burkina à cette activité.  Nous sommes donc partenaires stratégiques du salon et je pense que les discussions ont commencé  depuis l’année passée en Afrique du Sud où nous avons rencontré le promoteur.  Les organisateurs ont su apprécier notre capacité de mobilisation de nos membres pour participer aux salons au niveau international. Et nous avons voulu faire la même chose pour le SIEM. Nous sommes venus avec une forte délégation composée des artisans miniers  et leurs associations, quelques fournisseurs de biens et services. L’idée,  c’est d’abord de faire en sorte que les membres de la Chambre des mines et artisans burkinabés puissent tisser des partenariats d’affaires d’une part ; mais aussi c’est pour montrer que nous sommes dans un espace communautaire désormais qui est l’AES, d’autre part.

Nous devons nous soutenir. A chaque fois qu’il y a un salon organisé dans un des pays de l’AES, que tous les autres viennent. C’est comme ça qu’on créée des synergies d’actions et de collaboration qui nous font progresser ensemble pour que le secteur minier soit inclusif et créateur de valeurs pour notre espace communautaire qui est l’AES.

Que pensez-vous du SIEM ?

Le SIEM est une très belle initiative. On sent que les acteurs avaient besoin de se retrouver, d’un cadre de concertation, d’échanges. Et voir l’engouement autour de l’événement, le nombre des participants et visiteurs, les stands, les gens sont heureux d’être là.  Cela montre que si le SIEM n’existait pas, il fallait le créer et heureusement qu’il existe. C’est vraiment appréciable et j’encourage les organisateurs à continuer et à faire en sorte que le SIEM devienne un salon professionnel et un rendez-vous annuel ou biennale, je ne sais pas, mais un rendez-vous qui compte désormais dans le paysage du secteur minier.

Quelles sont attentes du Burkina Faso de ce salon ?

Les attentes du Burkina sont comblées. Car nous avons assisté à la signature d’une convention entre les artisans miniers des trois pays de l’AES. C’est déjà quelque chose de promoteurs pour nous parce que si le secteur de l’artisanat est organisé et contrôlé, ça permet aussi d’avoir une meilleure cohabitation entre les miniers industriels  et le secteur de l’artisanat. C’est une première satisfaction.

Notre deuxième satisfaction est de voir que l’écosystème du secteur minier malien est représenté. Avec la présence des entreprises burkinabés, ça va créer une mise en relation. Et chacun pourra tirer profit de l’expérience de l’autre et c’est comme ça qu’on va grandir ensemble.

Boubacar KANOUTE